mer. 3 août 202210 mins luesFather Hans Buob

19e dimanche

Homélies bibliques sur les Évangiles du dimanche en lecture Année C

Ⓒ Photo by Vladimir Fedotov on Unsplash

Passages bibliques


Luc 12,32-48

Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.

Homélies bibliques


"Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume." (cf. verse 32)

Aujourd'hui encore, nous avons affaire à un évangile très sérieux. Nous entendons souvent parler de la mort soudaine d'une personne, que ce soit à la suite d'un accident ou parce qu'un parent cher est mort un matin dans son lit. Ces événements nous rappellent que cela peut nous arriver à tout moment.

Jésus nous dit clairement à ce sujet : "Ne crains pas, petit troupeau ! Car votre Père a décidé de vous donner le royaume". Et ce petit troupeau, c'est bien sûr nous. Nous ne devons pas avoir peur, car le Seigneur nous assure le royaume. C'est ce qui nous marque de manière improbable et nous donne de la joie.

"Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur." (cf. verse 33-34)

L'injonction de Jésus qui suit : "Vendez et partez". (comme le traduit plus précisément le grec) ne sert pas à nous ouvrir d'abord le ciel, mais en fait à l'embellir, car le ciel nous est offert. Le Seigneur veut nous surprendre. Il veut nous donner quelque chose de glorieux que nous ne pourrons jamais gagner nous-mêmes. Lorsqu'il nous invite à "vendre vos biens et à en donner le produit aux pauvres", nous ne devons pas pour autant mériter le ciel, mais devenir libres d'être appelés à tout moment dans la gloire du ciel.

L'injonction de Jésus qui suit : "Vendez et partez". (comme le traduit plus précisément le grec) ne sert pas à nous ouvrir d'abord le ciel, mais en fait à l'embellir, car le ciel nous est offert. Le Seigneur veut nous surprendre. Il veut nous donner quelque chose de glorieux que nous ne pourrons jamais gagner nous-mêmes. Lorsqu'il nous invite à "vendre vos biens et à en donner le produit aux pauvres", nous ne devons pas pour autant mériter le ciel, mais devenir libres d'être appelés à tout moment dans la gloire du ciel.

Et puis une déclaration très importante et une expression merveilleuse : "Là où est votre trésor, là aussi est votre cœur". Il est intéressant de noter que les trésors sur terre sont mentionnés ici au pluriel, alors que le trésor dans les cieux est mentionné au singulier. Le terrestre est multiplicité et fragmentation. Le céleste est un tout unifié. Et bien sûr, notre trésor doit être auprès du Seigneur, dans sa gloire. C'est pourquoi Jésus dit : "Soyez prêts ! Déposez tout cela ! Ne vous attachez à rien ! Ne vous laissez attacher nulle part, mais soyez simplement toujours prêts, pour ainsi dire "récupérables" à tout moment.

"Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !" (cf. verse 35-38)

Parce que les noces de l'Agneau approchent, nous devons nous aussi être ceints, c'est-à-dire simplement nous tenir prêts et attendre. Nous devons marcher équipés ou essayer de travailler équipés, car le Seigneur peut aussi nous rappeler pendant le travail, selon ce qu'il a prévu pour nous. Il s'agit donc à la fois de l'activité du disciple et de la veille. Le disciple est actif et s'engage. Il ne se contente pas de s'asseoir sans rien faire, mais il lutte pour le royaume de Dieu. Mais il est aussi toujours prêt à être appelé immédiatement par le Seigneur.

C'est pourquoi la veille est un état du cœur, un état intérieur dans l'attente du Seigneur. De même que nous désirons parfois une rencontre avec certaines personnes et que nous en sommes déjà tout excités, de même nous devons attendre la venue du Seigneur, où nous recevrons quelque chose qu'aucun œil n'a vu et aucune oreille n'a entendu. Cela doit être passionnant lorsque nous reverrons nos proches et nos amis, que nous reconnaîtrons les nombreux et que nous ferons l'expérience d'une plénitude de vie que nous ne pouvons pas encore vraiment imaginer. Pourquoi ne pas nous laisser enthousiasmer de plus en plus intérieurement lorsque nous pensons à ce but ? Nous veillons et attendons quelque chose d'unique et de définitif. Et si le maître trouve le serviteur éveillé, il le servira lui-même avec la nourriture que le serviteur a préparée pour le maître. Le Seigneur lui-même me servira. Cela signifie la vie éternelle. Nous sommes comblés à l'infini.

Plus la venue du Seigneur est retardée, plus le Seigneur est reconnaissant de nous trouver en train de veiller. Il est intéressant de noter que Jésus ne parle pas de la première et de la quatrième veille, mais de la deuxième et de la troisième. Cela signifie qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'il arrive trop vite ou trop tard. Nous ne savons pas à quelle heure le Seigneur viendra, si c'est à la deuxième ou à la troisième veille de la nuit, mais s'il nous trouve éveillés, alors il en va de même pour nous : "Heureux les serviteurs que le Seigneur trouvera éveillés quand il viendra". Soyons donc simplement prêts !

"Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »" (cf. verse 39-40)

Ce passage indique le danger qu'entre ces veilles, la tentation de s'endormir est sans doute la plus forte. On ne s'y attend plus. On sait qu'il vient, mais on ne s'y attend plus aujourd'hui. Mais le véritable serviteur dont parle ici Jésus, toujours prêt, ne perd pas le désir ardent du retour du Seigneur, La maison illuminée dans la nuit sombre est l'image de "l'attente du Seigneur" ; c'est en quelque sorte la communauté nuptiale, l'Église qui veille, qui attend la venue de l'Époux.

Dans cette deuxième parabole du voleur qui pourrait venir de nuit et cambrioler, la nécessité de veiller et le danger d'une sécurité insouciante sont expliqués. Le serviteur est décrit comme le propriétaire de la maison. Le maître ne vient donc pas seulement comme quelqu'un qui remplace tout, mais aussi comme un voleur qui prend tout ce que l'on a encore retenu pour lui. Jésus ne parle pas d'un moment précis, mais seulement d'une attente fidèle. Nous ne devons pas nous préoccuper du moment.

"Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles." (cf. verse 41-46)

Lorsque Pierre demande à Jésus à qui il s'adresse dans cette parabole, il répond clairement : "Nous sommes tous concernés. Que chacun s'examine sérieusement ! Dans cette parabole, l'économe est en même temps le serviteur qui est placé au-dessus des serviteurs. Il s'agit tout simplement de la fidélité. Car si l'intendant a été fidèle, a attendu et a vraiment été sur le qui-vive, le maître "le fera intendant de tous ses biens". Or, c'est cela la vie éternelle.

L'intendant fidèle sait qu'il reste un serviteur. L'intendant infidèle, quant à lui, se comporte en maître, comme Jésus le décrit ensuite. Il vit ses penchants vénaux - dormir, manger, boire, s'enivrer, etc. - et est soudain appelé par le maître alors qu'il ne s'y attend plus du tout. Mais l'excuse de ce serviteur est la suivante : "Mon maître ne reviendra pas avant longtemps". Mais il ne faut pas se laisser abuser, Jésus le dit ici très clairement.

"Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage." (cf. verse 47-48)

Dans ces deux versets, il n'est plus question de veille, mais d'obéissance. Ce qui est intéressant ici, c'est la distinction entre le serviteur qui connaît la volonté du maître et n'agit pas en conséquence, et celui qui agit mal sans connaître la volonté du maître. Car cela répond aussi clairement à la question de Pierre : "Seigneur, par cette parabole, est-ce que tu ne parles que de nous ou aussi de tous les autres ? Nous sommes tous concernés !

Mais ceux qui connaissent la volonté du Seigneur ont une responsabilité particulière : celui qui connaît la volonté du Seigneur et ne la fait pas doit s'attendre à certaines choses. Mais celui qui ne connaît pas la volonté du Seigneur et ne la fait pas, ne sera pas si mal loti. Ce dernier recevra certes aussi des coups, comme le dit l'image, mais pas dans la même mesure que le premier serviteur. Il s'agit donc de la justice du Seigneur. Le Seigneur est juste.

Pour conclure, Jésus fait la distinction entre ce qui a été donné et ce qui a été confié : "A celui qui a beaucoup donné" - en grec, on dit "edotè" (εδοθη) = donné - "on lui demandera beaucoup". Mais "à celui à qui l'on a confié beaucoup" - en grec, on dit "paretento" (παρεθεντο), c'est-à-dire à administrer, à conserver - "on lui demandera d'autant plus". Ainsi, celui à qui l'on a donné quelque chose, on ne lui demandera de rendre que ce qu'il a donné, c'est-à-dire le capital. Mais celui à qui l'on a confié davantage de choses à garder, on lui demandera aussi davantage en retour, à savoir le capital et les intérêts. Cela nous rappelle une autre parabole, celle du serviteur qui a enterré son talent au lieu de le déposer à la banque pour qu'il produise des intérêts. C'est exactement ce que nous voulons dire. Nous devons utiliser ce que le Seigneur nous a donné dans notre vie réelle. Nous devons l'utiliser et le faire fructifier dans le bon sens. La justice de Dieu est ici merveilleusement exprimée. A celui à qui Dieu donne beaucoup, il demande aussi beaucoup. Et si quelqu'un connaît la volonté de Dieu et agit consciemment contre elle, c'est tout autre chose que s'il ne connaît pas la volonté de Dieu et agit inconsciemment contre elle.

Mais nous connaissons la volonté de Dieu. Nous ne pouvons plus nous en défaire. Mais en fait, il faut comprendre cela de manière positive : Nous pouvons agir selon cette volonté de Dieu. Nous pouvons habiter dans cette maison en tant que personnes en attente. Nous accomplissons notre tâche sans précipitation et faisons ce à quoi Dieu nous a appelés. Nous sommes simplement en attente et le plus grand bonheur de notre vie est la venue du messager de joie, tout comme une épouse attend que l'époux vienne enfin. C'est à cela que Jésus veut nous préparer ici. Pensons encore une fois au début de l'Évangile : laissons vraiment tomber tout ce qui nous lie à cette terre, tout ce qui nous pèse et nous empêche d'attendre, de sorte que nous ne pouvons pas aller aux noces ! Au lieu de cela, préparons un trésor dans le ciel avec tout, c'est-à-dire faisons le bien avec tout ce qui nous est donné et confié, qu'il s'agisse de biens spirituels, de biens matériels, de notre force de travail, etc. Faisons-le simplement par amour pour le Seigneur, par amour pour Jésus. Alors, nous n'avons pas de nombreux trésors qui nous déchirent intérieurement, mais nous recevons le seul trésor qui nous comble entièrement ! Ce trésor unique ne nous déchire pas, mais il nous unit et nous sommes alors vraiment cette épouse Église en attente, qui attend la venue du Seigneur.

Aujourd'hui, alors que l'on entend régulièrement parler de la mort subite d'une personne, la parole de l'évangile d'aujourd'hui devrait nous toucher en plein cœur : Bien sûr, nous pouvons être rappelés à tout moment, mais cela ne devrait pas être une surprise. Il devrait plutôt s'agir de quelque chose d'attendu. C'est ce que veut Jésus. Il ne veut pas recevoir des gens qui ne veulent pas venir à lui. Il veut nous accueillir avec joie. ∎